Nous avons tous envie d’économiser. Que ce soit pour arriver dans un budget ou pour avoir plus d’argent pour acheter des choses qui nous font plaisir. Pour cette raison, les prix les plus bas nous attirent. La plupart du temps, diminuer le prix d’un produit (les coûts de production) requiert de tourner les coins ronds sur le développement durable. De ce fait, l’écologie est souvent en opposition face à l’économie et les produits qui coûtent moins cher ont le pire impact sur l’environnement. Par contre, il  existe certaines situations où écologie et économie s’harmonisent parfaitement. Il y a quelques années, je travaillais à la boutique Respecterre durant d’une des fins de semaine de la balade gourmande. Alors que j’étais derrière la caisse, en train de servir un client, un individu dit tout haut : «Je (ne) savais pas qu’il fallait être multimillionnaire pour respecter la terre». Visiblement, il était étonné de constater les prix plus élevés des vêtements écoresponsables offerts par Respecterre. Évidemment, pas besoin d’être millionnaire pour s’acheter quelques habits écoresponsables par année. C’est une question de choix. Par contre, si l’on veut avoir une garde-robe complètement écoresponsable et posséder autant de vêtements qu’un nord-américain moyen, c’est vrai, il faut avoir un salaire plus élevé que la moyenne. En ce sens, notre individu avait totalement raison. En même temps, il ne pouvait pas avoir plus tort. Si je vous disais que, lorsque vient le temps d’acheter un vêtement, il y a moyen de faire un bon geste pour l’environnement et d’économiser au maximum. Quelle est cette solution miraculeuse ? Vous voyez probablement où je veux en venir. Acheter des vêtements de seconde main.

En quoi est-ce bon d’acheter des vêtements de seconde main ?

C’est très simple. Réutiliser des vêtements destinés à être envoyés au dépotoir réduit la production de déchets textiles et diminue la consommation de vêtements neufs. Même si le vêtement de seconde main n’est pas un vêtement écologique à la base, le mal est déjà fait. Le vêtement a déjà été confectionné et son impacte sur l’environnement ne sera pas plus grand s’il est utilisé plus longtemps (sauf s’il s’agit d’un vêtement en fibre synthétique qui produit de la micropollution plastique à chaque fois qu’il est lavé). Augmenter la durée de vie des vêtements usagés réduira directement la quantité de vêtements neufs qui seront produits. Moins de vêtements neufs, moins d’impact sur l’environnement.

Des prix imbattables

Même si les vêtements neufs de «fast-fashion» offrent des prix très bas, il est impossible de battre les prix des vêtements de seconde main. Avec raison, ces vêtements ont été donnés. S’ils ont été donnés sur place, ils n’ont absolument rien coûté au magasin qui les revend. S’ils viennent d’un centre de tri, le magasin a probablement payé un faible prix pour une grande quantité de vêtements et un coût de transport. J’ai récemment oublié d’apporter une casquette et une veste lors d’un voyage de vente dans l’ouest canadien. Voici ce que j’ai trouvé au village des valeurs (Value Village) à Nanaimo. On ajoute à cela un gros 0.35$ de taxes pour un total de 7,33$. Ce n’est pas un achat qui encourage le développement durable. Par contre, ces vêtements auront une deuxième chance et pas besoin d’acheter du neuf. On limite les dégâts. Dans une industrie qui fait, littéralement, beaucoup de dégâts, ça vaut la peine. En plus, ça n’a pas coûté grand-chose.

Produits toxiques ?

Est-ce qu’il y a des produits toxiques dans les vêtements de seconde main? Il fort probable que non. Car ces produits (métaux lourds, nonylphénol, etc.) qui sont sur les vêtements neufs sont emportés lors du lavage. Une dizaine de lavages est probablement suffisante pour faire disparaître ces produits nocifs  pour la santé. On a fort à parier que le vêtement de seconde main moyen a été lavé plus que dix fois.

Bonne condition?

Les vêtements de seconde main sont-ils en bonne condition? Un tri est effectué avant que les vêtements arrivent sur le plancher de vente, mais il est possible de retrouver des vêtements qui sont troués. Il faut simplement inspecter rigoureusement les morceaux que l’on désire acheter.

Surconsommation?

Est-ce qu’acheter des vêtements de seconde main encourage la surconsommation? On pourrait croire que plus on achète des vêtements usés, plus les gens vont en donner. Ensuite, plus il y aura consommation de vêtements neufs? Au contraire, 85% des vêtements usés finissent au dépotoir. Une bonne proportion de ces vêtements pourraient être donnés et réutilisés. Si plus de gens donnent et achètent de vieux vêtements. Cela n’aura qu’un impact diminutif sur la consommation de nouveaux vêtements.
À propos de l’auteur Ugo Dutil : Ayant grandi à l’écovillage «la Cité Écologique» de 1 à 11 ans, j’ai décidé d’y retourner à 25 ans. J’aime bien ce mode de vie qui nous permet de prioriser les relations humaines face aux possessions matérielles. Je travaille avec Respecterre depuis 2013. La simplicité volontaire et la consommation responsable, surtout dans le domaine textile, me passionnent.