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Comme vous le savez peut-être déjà, Respecterre fait partie d’un écovillage appelé «La Cité Écologique» de Ham-Nord. Tous les associés propriétaires de Respecterre et la plupart des employés sont résidents de l’écovillage. L’atelier -Boutique Respecterre est situé sur le site même de l’écovillage.

La Cité Écologique n’est pas le seul exemple d’écovillage. Il existe plusieurs centaines de projets similaires à travers le monde. Un bon nombre de ces endroits ont été visités par des gens qui vivent ici, à la Cité. Dans cette nouvelle série d’articles, nous tenterons de vous faire découvrir ces projets de vie alternatifs tous aussi inspirants les uns que les autres.

La Cité Écologique

 

Depuis mon plus jeune âge, j’ai grandi à la Cité Écologique dans cet environnement créé pour les enfants. Depuis le début, c’est le projet éducatif qui rassemble tous ces gens au bout du 8e rang à Ham-Nord. Avec en tête l’idée que pour implanter un réel changement dans ce monde, il faut commencer par changer la façon dont l’éducation est donné aux enfants. L’alimentation biologique et le respect de la nature vont de pair avec cette philosophie pédagogique qui demande l’implication active des parents, professeurs et pédagogues. C’est donc autour de l’école que le projet à commencé en 1983-84.

Pour nos cousins français, le terme «cité» n’a rien à voir avec ce que l’on retrouve en France. C’est simplement le nom qui a été donné à l’écovillage.  Aujourd’hui la Cité Écologique compte environ 80 résidents adultes et enfants. Avec La Ferme Bio Maraîchère, on cultive sur place une bonne partie nos légumes. Un groupe d’achat à été mis sur pied pour se procurer des aliments biologiques au prix du gros. On fait la gestion des déchets organiques depuis le début. Autopartage, cohabitation, travail sur place et bien d’autres.

 

Je crois qu’un aspect de ce qui différencie le plus la cité écologique et des autres ecovillages, c’est l’autonomie financière. À défaut d’être autonome au niveau alimentaire ou complètement indépendant de la société («off-the-grid»), qui sont des objectifs qui pourront être atteints à long terme, tout le monde travaille pour une entreprise qui appartient à des résidents de la Cité Écologique. Depuis le début, on travaille avec persévérance dans des entreprises qui aujourd’hui fleurissent. Ce niveau entrepreneurial est souvent moins développé chez les ecovillages qui sont beaucoup plus centrés uniquement sur le développement durable. Oui, l’écologie est une priorité, mais un équilibre a été trouvé entre développement durable et développement économique.

Un autre sujet intéressant dont on ne parle pas souvent est qu’il y a une deuxième «Cité Écologique» (La Cité Écologique of New Hampshire) qui a été fondée en 2003 à Colebrook au New Hampshire (États-Unis).  Elle est située à environ 2 heures de route de Ham-Nord, Québec, Canada. Principalement pour avoir un pied à terre pour l’entreprise Kheops International, une trentaine de résidents de la Cité de Ham-Nord ont aménagé aux États-Unis. École sur place, autonomie financière, agriculture biologique sur place, groupes d’achat et cohabitation. On applique les mêmes principes de vie dans cette deuxième cité écologique. Depuis ce temps les deux écovillages collaborent et s’entre-aide.

À mon sens, la plus grande force de cette communauté est la relation de confiance et d’amitié qui existe entre les individus. On pourrait appeler cela le «tissu social». Depuis le début, on travaille consciemment sur cette facette de la vie collective.  Tout le monde n’est pas forcément ami et il y a parfois de la zizanie en certaines personnes. Par contre, il y a ce sentiment d’appartenance fort qui nous unit comme si l’on appartenait à une même «grande famille». C’est d’ailleurs le terme utilisé entre nous pour désigner l’ensemble de la collectivité.

 

Ce qui reste encore beaucoup à développer à la Cité, c’est les bâtiments écologiques. Pour l’instant tous les bâtiments d’habitations, d’entreprises et d’agricultures ont été bâtis selon des méthodes de construction conventionnelles. L’an dernier, nous avons construit une serre inspirée d’un «Earthship» à chauffage solaire passif et culture aquaponique. Cependant,  il s’agit vraiment de la première construction mise en place avec une intention de développement durable. Je crois bien que la deuxième et la troisième génération ont la ferme intention de s’intéresser davantage aux constructions écologiques.

Pour plus d’information sur La Cité Écologique, il y a le site web :  citeecologique.org 
Consulter ce lien pour les visites : citeecologique.org/fr_FR/eco-tourisme/visites-guidees/

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À propos de l’auteur Ugo Dutil : Ayant grandi à l’écovillage «la Cité Écologique» de 1 à 11 ans, j’ai décidé d’y retourner à 25 ans. J’aime bien ce mode de vie qui nous permet de prioriser les relations humaines face aux possessions matérielles. Je travaille avec Respecterre depuis 2013. La simplicité volontaire et la consommation responsable, surtout dans le domaine textile, me passionne.